Les mots qu’on apprend à 10 ans

AFFICHER LE TEXTE DE LA CHANSON

J’ai comme un cancer au cerveau qui m’aurait bouffé tous les mots
L’ennemi, le mal – comme un cancer au cerveau – est là, à la fois obsédant et silencieux, implacable.

Il progresse à bas bruit commençant par « manger » les mots réduisant sa victime au silence à l’image d’une dictature qui commence bien souvent par museler la liberté d’expression.

Les opposants une fois réduits au silence la dictature assassine (suffit d’un coup de feu ou bien d’un coup de poing), extermine (allusion aux camps de concentration), ou envoie mourir en prison (Et c’est dans les prisons que tu les pries le mieux).

Menée par « quelqu’un d’important se prenant pour César» l’apprenti maître du monde César ou roitelet débile se prenant pour Dieu d’où qu’il soit ( Zaïre, Argentine, Chili ou Europe) colonise, asservit au mépris de la vie humaine « drapé dans son mépris pour les blancs et les noirs » semant mort et désolation sur son chemin

Dictature militaire ou despote auto proclamé et investi d’une mission de haine qu’il s’est lui même fixé, guidé par la xénophobie et il inspirera les meurtres perpétrés par quelques obscurs agissant en son nom :

« Suffit d’un coup de feu ou bien d’un coup de poing
Ou bien de quelques mots prononcés quelque part
Par quelqu’un d’important se prenant pour César
Drapé dans son mépris pour les blancs et les noirs ».


et par pure bêtise "c'est tout aussi facile, Mais c'est tout aussi con et tout aussi débile"

« Tout ce qui importait c’était d’avoir raison »
avoir raison sur des idées qu’on cherche à imposer et surtout d’avoir raison de l’autre pour mieux l’anéantir.

Et quand la raison devient raison d’Etat c’est le plus souvent la raison du plus fort (chère à Jean de Lafontaine) qui l’emporte sur l’essence même de l’être humain : la pensée et la raison…

Reste-t’il quelqu’humanité à l’individu qui obéit avec zèle à la raison d’Etat quand l’Etat devient machine à tuer

« dis moi monsieur Kapo est ce que tu dormais bien ? »
Quelle pseudo dignité leur conférera le rôle de bourreau leur faisant préférer de vivre haï que de crever tout bas ? Les Kapo persécuteurs dans les camps de concentration étaient eux même le rebut de la société, devenant persécuteur à leur tour il devenaient exécutants et retrouvaient une « place » dans le « système » plutôt que de crever tout bas en purgeant leur propre condamnation.


On pourrait espérer que la fin de la guerre aurait signé la fin de l’idéologie nazie mais Nicolas Peyrac rappelle qu’hélas elle s’est répandue « t’as eu des tas d’enfants qui pensent comme toi » et sont prêts à renouveler n’importe où et n’importe quand les mêmes exactions.


Cette idée est reprise et développée dans le dernier couplet :
Et de partout s’en viennent des tas de Pinochets

Un jour ils seront là pas très loin de Paris


Qui préfigure la chanson « t’entends pas » qui sera composé années plus tard
« Ca vient de partout à la fois
au début on n’y croyait pas et c’est là …. »

L’auteur est révolté de son impuissance et du sentiment de laisser faire général qui leur confère l’impunité que souligne bien le verbe vouloir :
Je les sens qui viennent sans même se cacher
Et je sais que personne n’y veut rien changer



Nicolas Peyrac met en garde, essaie de faire prendre conscience du danger et de la valeur de ces mots d’amour, d’enfant et de paix qu’on apprend à 10 ans mais dont on ne comprend la valeur que bien plus tard lorsqu’on les sent tout comme la paix menacés par la haine qui rôde, guette et attend son heure tout comme un cancer…

Association autour de Nicolas Peyrac - 2007   credits